Maeta a partagé le 16 septembre sur X une photo prise sur le plateau du Joe Budden Network, accompagnée d’un simple « long overdue » (« il était temps »). L’épisode, « Some Things Never Change (feat. Maeta) », est d’abord sorti le 17 septembre pour les abonnés Patreon du Joe Budden Podcast, l’un des rendez-vous les plus suivis du hip-hop et du R&B. Depuis le 25 septembre, la vidéo complète est en accès libre sur YouTube, et vous la retrouvez aussi sur notre fiche interview. Maeta y passe plus d’une heure. Voici ce qu’elle raconte.
2024, l’année où tout a basculé
Les animateurs parlaient de When I Hear Your Name depuis plus d’un an. Pour Maeta, c’est toujours ce qu’elle a fait de mieux, et elle ne ressent aucune pression à le dépasser. En 2024, tout semblait réussir : l’album, Roc Nation, la première partie de Chris Brown, puis ses propres dates en Australie, à Londres et à Tokyo. Sur le vol du retour, son manager a fait un malaise pendant l’atterrissage et il est mort peu après. Au même moment, elle quittait Roc Nation, qui se tournait selon elle vers la distribution. Il lui a fallu environ un an et demi pour en sortir.
Indépendante, et sans précipitation
Maeta est désormais indépendante. Elle travaille avec Human Re Sources, la société de services aux artistes fondée par J. Erving, et avec un nouveau manager. Gérer seule des questions juridiques pour la première fois lui a appris sur qui elle pouvait vraiment compter, et combien la vie est fragile.
La difficulté, maintenant, c’est de choisir comment revenir : ouvrir avec sa meilleure chanson, ou reconstruire l’élan d’abord. Troy Carter, figure de l’industrie musicale, lui a assuré qu’un seul tube peut tout changer. Elle dit avoir accepté l’attente et faire passer le lien avec ses fans avant l’approbation de l’industrie, tout en reconnaissant qu’elle en a assez de teaser des titres. Sur scène, elle rejoint parfois The Free Nationals, jusqu’en Corée, mais elle veut retrouver ses propres concerts, à commencer par un Blue Note à New York.
Sa voix, son image, ses auteurs
Signée à 18 ans, garçon manqué venue de l’Indiana, elle se souvient avoir supplié qu’on la laisse chanter, alors que chaque choix passait par beaucoup de monde. Elle veut aujourd’hui laisser davantage briller sa voix, sans renoncer à ce que ses fans aiment. Elle désapprend aussi une idée qu’on lui a inculquée dès 15 ans : devoir miser sur sa sexualité pour avancer. Elle écrit toujours avec James Fauntleroy et avec Absolutely, la petite sœur de RAYE, et veut continuer à travailler avec des gens qui la soutiennent vraiment.
Trois titres inédits
Son prochain single sera « Decimate », une chanson sur le sexe qu’elle tease depuis des années. Elle fait aussi écouter « Superstar » et « Hide », que personne n’avait encore entendus. Les animateurs y entendent une évolution : trois titres différents qui auraient pourtant leur place sur un même album, « Hide » étant le plus surprenant.
Le R&B, l’IA et les grandes questions
La conversation aborde aussi le R&B masculin d’aujourd’hui (son artiste idéal aurait la dimension artistique de Frank Ocean, avec moins de torses nus et de cuir), l’intelligence artificielle dans la musique, une question qu’elle retourne à ses hôtes, et son côté philosophe : un amour de la nature hérité de son père paysagiste, la peur de l’éternité et la croyance en la réincarnation. Son public, dit-elle, mêle des amateurs de R&B de longue date, la quarantaine, et des fans beaucoup plus jeunes.
Des retrouvailles
Ce passage a valeur de retrouvailles : Joe Budden figurait déjà en 2023 parmi les voix qui avaient salué son travail, selon YouKnowIGotSoul, aux côtés de Pharrell et Robin Thicke. L’épisode tombe à un moment clé, alors que Maeta laisse entendre une sortie de nouvelle musique dès ce mois-ci.




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